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Heures creuses saisonnalisées : ce que le TURPE 7 change pour les abonnés à partir de novembre 2026

La décision de la CRE sur le TURPE 7 déplace les heures creuses vers l'après-midi et les fait varier selon la saison. Une nouvelle vague de clients bascule à partir du 4 novembre 2026, selon un calendrier qui dépend de chaque situation.

Femme lisant une facture d'électricité près d'un compteur Linky et d'un lave-linge, toits à panneaux solaires
Les nouvelles plages d'heures creuses déplacent une partie de la consommation vers l'après-midi, quand la production solaire est la plus forte.
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Depuis le 1er novembre, les heures creuses de nombreux abonnés à l’électricité ne tombent plus aux mêmes moments qu’en été. Cette bascule n’est pas un simple réglage commercial : elle découle de la décision tarifaire de la Commission de régulation de l’énergie qui encadre depuis le 1er août 2025 le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, appelé TURPE 7.

Les heures creuses désignent les plages horaires pendant lesquelles le kilowattheure est facturé moins cher aux clients qui ont souscrit l’option heures pleines et heures creuses. Selon la CRE, 14,5 millions de foyers, soit 40 % des clients, disposent aujourd’hui de cette option. Leur placement historique, le matin et en soirée, ne correspondait plus aux moments où l’électricité est abondante, c’est-à-dire l’après-midi, lorsque les panneaux photovoltaïques produisent le plus.

Une nouvelle étape du déploiement s’ouvre en ce mois de novembre 2026, avec le passage à la saison d’hiver et l’extension du changement à une grande partie des clients d’EDF à partir du 4 novembre. Qui est concerné, selon quel calendrier, et que pouvez-vous faire si vos plages changent ?

Une réforme fixée par les délibérations de la CRE sur le TURPE 7

Le nouveau placement des heures creuses repose sur la délibération de la CRE n° 2025-78 du 13 mars 2025 portant décision sur le TURPE 7 HTA-BT, le tarif qui rémunère les gestionnaires de réseaux de distribution. Ce tarif, entré en vigueur le 1er août 2025 pour environ quatre ans, prévoit que la grande majorité des clients disposent d’heures creuses l’après-midi, toute l’année ou au moins en été, avant fin 2027.

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Le dispositif a été ajusté par la délibération n° 2026-33 du 4 février 2026. Celle-ci remplace le tableau qui définit les heures à déplacer et les heures à favoriser, et supprime le gel des heures creuses sur la plage 11 h-14 h qui avait été introduit par le TURPE 7 pour les nouvelles attributions. Ces textes déterminent le cadre, mais la mise en œuvre concrète se lit dans les règles de placement elles-mêmes.

Nuit, après-midi et saisons : les nouvelles règles de placement

D’après la fiche de Service-Public mise à jour le 28 octobre 2026 et l’annexe publiée par la CRE le 6 février 2025, le nouveau placement obéit à quelques principes communs à tous les clients concernés :

  • le nombre total d’heures creuses reste fixé à 8 heures par jour ;
  • les plages du matin, de 7 h à 11 h, et du soir, de 17 h à 23 h, sont progressivement supprimées ;
  • au moins 5 heures creuses consécutives sont maintenues la nuit, entre 23 h et 7 h ;
  • jusqu’à 3 heures creuses peuvent être placées en journée, entre 11 h et 17 h ;
  • en été, du 1er avril au 31 octobre, davantage d’heures creuses sont placées l’après-midi ;
  • en hiver, du 1er novembre au 31 mars, les heures creuses se situent surtout la nuit.

Concrètement, un même compteur peut désormais avoir deux répartitions différentes selon la saison, ce que le système historique ne prévoyait pas. Les plages exactes ne sont pas uniformes sur le territoire, car elles tiennent compte des contraintes locales du réseau.

Ces règles ne s’appliquent ni en Corse ni dans les territoires d’outre-mer, et l’option Tempo n’est pas concernée. Pour les autres abonnés, la date du changement dépend de leur situation.

Un calendrier qui varie selon le profil de l’abonné

Le tableau ci-dessous rapproche les informations publiées par Service-Public, la CRE et Enedis pour indiquer, situation par situation, ce qui change et à quel moment.

Situation de l’abonnéCe qui s’appliqueDate
Heures creuses déjà placées de 23 h à 7 hAucune modification des plagesSans objet
Client EDF dont le créneau a déjà été modifiéAucun nouveau changementModification reçue entre le 1er novembre 2025 et le 31 mai 2026
Nouveau client EDFPlages saisonnalisées attribuées d’officeDepuis le 6 octobre 2026
Autre client EDFPassage aux plages saisonnaliséesEntre le 4 novembre 2026 et le 30 novembre 2027
Abonné en Corse ou outre-mer, option TempoRègles non applicablesSans objet

La ligne la plus large concerne les clients d’EDF qui n’ont encore reçu aucune modification : leur bascule s’étale sur plus d’un an, dans l’ordre fixé par le gestionnaire de réseau. Pour les clients d’autres fournisseurs, Service-Public renvoie au calendrier général, qui court jusqu’à fin 2027.

Cette distribution dans le temps répond à l’ampleur du chantier de déploiement, que les chiffres de la CRE et d’Enedis permettent de mesurer.

Onze millions de foyers concernés, en deux phases

Selon l’annexe de la CRE du 6 février 2025, 11 millions de foyers verront leurs heures creuses évoluer, au moins en été, tandis que 3,5 millions ne connaîtront aucun changement, dont 1,4 million disposent déjà d’heures creuses de 23 h à 7 h. Après la réforme, 13,1 millions de foyers devraient avoir des heures creuses réparties entre l’après-midi et la nuit.

Le calendrier d’Enedis, publié le 15 octobre 2025, se recoupe avec ces chiffres. Une première phase, ouverte le 1er novembre 2025, a concerné 1,7 million de clients qui avaient déjà des heures creuses de jour et de nuit. La seconde, lancée au second semestre 2026, porte sur 9,3 millions de clients supplémentaires et introduit la saisonnalisation, soit un total de 11 millions conforme à l’estimation du régulateur.

Depuis le début de ce mois de novembre, deux ou trois heures creuses sont déplacées en journée, pour favoriser la consommation dans la période de plus forte production du parc photovoltaïque.

Patrick Chaize, sénateur et rapporteur de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, lors de l’examen du rapport sur l’évolution du mix énergétique, le 27 novembre 2025

Enedis estime que ce déplacement doit reporter environ 5 gigawatts de consommation vers l’après-midi pendant les mois les plus ensoleillés. Cet objectif collectif a des conséquences individuelles, qui tiennent surtout à l’information des abonnés et à leur marge de choix.

Information de l’abonné, choix de l’option et équipements

Les plages ne se négocient pas avec le fournisseur. Dans sa foire aux questions du 6 février 2025, la CRE répond à la question du choix par un « Non, les heures creuses sont déterminées par le gestionnaire du réseau », Enedis ou l’entreprise locale de distribution, en fonction des contraintes locales.

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Le calendrier d’information est encadré. Le gestionnaire transmet les nouvelles plages aux fournisseurs 6 mois avant la mise à jour, et le fournisseur prévient son client au moins un mois avant la date effective du changement. Selon Service-Public, aucune démarche n’est à accomplir de votre part, ce qui invite à la prudence face à un appel qui présenterait cette évolution comme une raison de souscrire un nouveau contrat, au regard des règles applicables au démarchage téléphonique.

L’option heures pleines et heures creuses reste facultative. La CRE rappelle que les fournisseurs peuvent proposer une option Base à prix unique ou d’autres formules, et renvoie vers le fournisseur pour en connaître les conditions. Le choix dépend du profil de consommation de chaque foyer, que seule l’analyse de ses relevés permet d’apprécier.

Côté équipements, un ballon d’eau chaude raccordé au compteur Linky par le contact sec voit sa plage mise à jour automatiquement à distance, avec 8 heures de chauffe possibles par jour. En revanche, un programmateur manuel doit être reprogrammé par l’abonné, tout comme les appareils commandés par une horloge, à commencer par une borne de recharge.

Un signal tarifaire qui redessine les usages domestiques

Au-delà du calendrier, la réforme modifie la manière dont un foyer organise sa consommation. La recharge d’un véhicule, que l’aide à l’achat d’une voiture électrique d’occasion rend plus accessible, ou le fonctionnement d’une pompe à chaleur trouvent désormais leur créneau le moins cher en début d’après-midi, au moins d’avril à octobre. Ce déplacement rejoint d’autres textes récents qui revoient la place de l’électricité, comme le nouveau coefficient de l’électricité dans le DPE applicable au 1er janvier 2027.

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Le courrier ou le message du fournisseur annonçant les nouvelles plages, reçu au moins un mois à l’avance, constitue la pièce de référence pour vérifier que la facturation suit bien le calendrier annoncé. En cas de désaccord persistant avec un fournisseur sur l’application de ces règles, un avocat en droit de la consommation est le professionnel compétent pour examiner la situation.


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